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Frise chronologique

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1889 : début de la République
1964 : prise du pouvoir des militaires par un coup d'Etat jusqu'en 1985

Sources des dates : l'Express.fr

Le déroulement des élections



Au Brésil ont lieu tous les 4 ans, le premier dimanche d’octobre, les élections pour le pouvoir législatif (sénateurs, députés et conseillers municipaux) et les élections pour le Pouvoir exécutif (président, gouverneurs et maires). Ces dernières peuvent aboutir à un second tour, sauf en cas de majorité absolue, qui a lieu le dernier dimanche d’octobre.
Selon la Constitution, le vote est autorisé dès 16ans. Il est obligatoire, sauf pour les illettrés, les moins de 18ans et les plus de 70ans. Il faut impérativement justifier son absence aux élections le jour même du scrutin, sous peine d’amende.
Le scrutin se fait avec des machines de vote électroniques, ce qui permet d’avoir des résultats quelques heures seulement après la fermeture du scrutin.
115 millions d’électeurs brésiliens seront appelés aux urnes pour les élections présidentielles dont le premier tour a eu lieu le 5 octobre et le second tour le 26 octobre.
Logo des élections brésiliennes,  "élections 2014 #viens aux urnes"

Biographies des candidats principaux




En plus de ces trois candidats principaux, 8 autres se sont présentés:

  • Luciana Genro, Parti socialisme et liberté (PSOL)
  • Everaldo Dias Pereira , Parti social chrétien (PSC)
  • Eduardo Jorge, Parti Vert (PV)
  • Levy Fidelix, Parti rénovateur travailliste brésilien (PRTB)
  • José Maria de Almeida, Parti socialiste des travailleurs unifié (PSTU)
  • José Maria Elmayel, Parti social-démocrate chrétien (PSDC)
  • Mauro Luis Iasi, Parti communiste brésilien (PCB)

Comparaison des programmes des candidats

ÉCONOMIE



Dilma Rousseff
Attaquée sur son maigre bilan marqué par une croissance ralentie et une inflation qui a dépassé le seuil officiel de tolérance (6,5 %), Dilma Rousseff se défend en invoquant un contexte international dégradé et en assurant qu'elle a créé les bases d'un nouveau cycle de croissance. Elle promet de mener une réforme fiscale et de continuer à augmenter le salaire minimum. Elle se prévaut d'un taux de chômage historiquement bas (4,9 %).



Marina Silva
 Marina Silva prône un équilibre entre défense des conquête sociales du PT et retour à une gestion moins interventionniste : taux de change flottant, rigueur budgétaire, autonomie de la Banque centrale, réforme fiscale. Elle s'engage à promouvoir le développement des énergies renouvelables et un modèle d'agro-business plus compatible avec la préservation de l'environnement.





Aécio Neves
Il propose des mesures très similaires à celles de Marina Silva, qu'il accuse d'avoir copié-collé son programme. Ramener l'inflation à son objectif officiel de 4,5 %, regagner la confiance des investisseurs, rendre autonome la Banque centrale.






ÉDUCATION,PROGRAMMES SOCIAUX




Dilma Rousseff
 Le grand bond en avant de l'éducation, financé par les royalties du pétrole, sera la priorité de son deuxième mandat. Professeurs mieux formés et payés, journée scolaire intégrale (contre matin ou après-midi actuellement), 100 000 bourses étudiantes de plus dans les meilleures universités étrangères. Sur le plan social, renforcer les programmes en faveur des plus démunis (Bolsa Familia, Minha Casa, Minha Vida), emblématiques des douze années de pouvoir du PT.




Marina Silva
Née pauvre et alphabétisée à 16 ans, elle veut éliminer l'analphabétisme, ériger aussi l'éducation en priorité « de la maternelle au supérieur », poursuivre et amplifier les programmes sociaux du PT.






Aécio Neves
 Neves veut remettre en dix ans au niveau de la moyenne nationale les écoles en situation d'échec scolaire. Augmenter les investissements dans l'éducation (7 % du PIB jusqu'en 2019 puis 10 % ensuite). Il promet de ne pas toucher aux programmes sociaux du PT mais de les rendre « plus efficaces ».








CORRUPTION, POLITIQUE




Dilma Rousseff
Elle veut durcir les lois contre la corruption, dont celles qui punissent les fonctionnaires publics illégalement enrichis. Soumettre par référendum à l'approbation des Brésiliens les bases d'une vaste réforme du système politique qu'elle n'avait pas réussi à faire passer après les mouvements de juin 2013.






Marina Silva
Elle souhaite interdire aux élus d'enchaîner deux mandats, organiser une réforme constitutionnelle pour porter le mandat présidentiel de quatre à cinq ans. Réduire le nombre de ministères (39 actuellement).







Aécio Neves
 Son objectif est de réduire le nombre de ministères, réduire également l'influence politique dans les attributions de marchés publics ainsi qu'au sein des entreprises d'Etat comme Petrobras. Le candidat s'est dit en faveur d'un mandat présidentiel unique et d'une réduction du morcellement entre 32 partis, en ne garantissant l'existence des formations que si elles obtiennent au moins 5 % aux élections.






AVORTEMENT



Dilma Rousseff
 La présidente a souhaité en avril que l'avortement puisse être désormais pratiqué dans tous les hôpitaux publics pour des « motifs médicaux et légaux ». L'avortement reste illégal au Brésil sauf en cas de viol ou de risque vital pour la femme enceinte. En 2007, Dilma Rousseff avait pris position pour la légalisation de l'avortement. Mais lorsqu'elle s'est lancée en 2010 dans la course à la présidentielle, elle est revenue sur ses positions.




Marina Silva
 Elle est hostile à la légalisation de l'avortement en raison de sa foi évangélique. Toutefois, elle se dit prête à envisager une modification de la loi actuelle et à convoquer un référendum.







Aécio Neves
 Le candidat est pour le statu quo, ce  n'est pas un grand axe de sa campagne.









MARIAGE HOMOSEXUEL




Dilma Rousseff
La présidente y est favorable au nom de la laïcité et de la Constitution qui garantit les mêmes droits civils pour tous. La Cour suprême a pour cette raison reconnu le droit des personnes de même sexe à se marier, mais le Parlement n'a pas légiféré.







Marina Silva
L'écologiste y est opposée au nom de ses croyances religieuses.








Aécio Neves
 Il y est favorable, car « c'est déjà une réalité et une polémique du passé ».








                                                                                                                                  D'après LeMonde.fr

Scandale un mois avant les élections


Le 6 septembre 2014 , en pleine campagne électorale, le scandale éclate. L’ancien patron de Petrobras, Paulo Roberto Costa, décide de parler : il aurait mis en place un vaste système de corruption au sein du géant pétrolier, impliquant de nombreux politiciens, députés, sénateurs et gouverneurs dont certains du parti au pouvoir, le PT.
L’opposition se réjouit de ces révélations et profite de l’occasion pour remonter dans les sondages et faire descendre Dilma Rousseff qui, à l’époque des faits, présidait de conseil d’administration de Petrobras. Dilma Rousseff a toujours mis l‘accent sur la lutte contre la corruption au sein de son programme, et les aveux de Costa pourraient bien lui porter préjudice…



Couverture de l'hebdomadaire brésilien Veja, à propos de l'affaire Petrobras. Rousseff et Lula, "ils savaient tout".





Paulo Roberto Costa, ex-patron de Petrobras
Wikipédia



Décès de Eduardo Campos : une héritière qui défie Dilma Rousseff


         Le 13 août 2014, une figure de la politique brésilienne et candidat aux élections présidentielles, Eduardo Campos est décédée dans le crash de son jet privé. Ce drame a amené Dilma Rousseff à décréter trois jours de deuil national et tous les candidats à la présidentielle, choqués, décident de suspendre leurs campagnes électorales.




Eduardo Campos
"Le Brésil perd l'un de ses hommes politiques les plus talentueux qui a toujours lutté pour ses idéaux. La perte est irréparable, incompréhensible", a réagi son adversaire Aécio Neves.

Un secouriste sur le site du carsh de l'avion qui transportait le candidat Eduardo Campos, à Santos au Brésil, le 13 août 2014

         
 Le chef du parti socialiste brésilien était troisième dans les intentions de vote, ce qui a obligé le PSB à placer une figure qui saurait être à la hauteur. En effet, Campos se présentait avec Marina Silva à la vice-présidente, elle qui était en 2010 arrivée en troisième position des présidentielles. Appréciée par les écologistes, les jeunes et l’électorat évangélique, elle pourrait se révéler être une adversaire de taille pour la présidente actuelle et Aécio Neves.


Le premier tour surprenant

     La campagne a été riche en rebondissements! Un candidat du PSB, Eduardo Campos, est décédé lors d'un accident d'avion,en août. Il a donc été remplacé par sa colistière Marina Silva. Cette candidate inattendue a totalement boulversé la campagne éléctorale.
        Dans les trois jours suivants, Silva a gagné beaucoup en intentions de vote dans les sondages, en partie avec les voix des électeurs indécis, car elle apportait une nouvelle possiblilité, mais surtout grâce à l'attention qui lui a été portée par les médias : "elle [Marina Silva] a bénéficié de ce dont tous les candidats à un élection présidentielle rêvent : pendant plusieurs jours, elle a eu toutes les caméras de télévisons, tous les micros face à elle[...] Les journalistes parlaient d'elle, rappelaient son engagement politique", nous dit Stéphane Monclaire.
         Les sondages indiquaient souvent que Marina Silva et Dilma Rousseff passeraient le premier tour des élections avec Rousseff en tête. Aécio Neves était annoncé en troisième position, au coude à coude avec Silva.


Sondage IBOPE






      Dilma Rousseff était en première position d'après les sondages. Il faut savoir qu'au Brésil, les temps d'expression des candidats dans les débats télévisés ainsi que les fonds pour la campagne (qui sont financés par l'Etat) sont proportionnels au nombre de députés de leur parti. Le Parti des travailleurs ayant 4 fois plus de députés que le Parti socio-démocrate brésilien et 12 fois plus de députés que le Parti socialiste brésilien, l'héritière politique de Lula avait alors plus de moyens que Marina Silva, Aécio Neves et tous les autres candidats de faire passer son engagement politique. Elle a pu profiter de cet avantage pour devancer ses adversaires principaux, Silva et Neves. De plus, elle bénéficie de l'héritage politique de Lula et du PT. Les électeurs se disent donc que "depuis 15 ans, c'est bien le parti des travailleurs qui leur a apportés beaucoup, qui a fait sortir des millions de brésiliens de la pauvreté", d'après Serge Boyer.




      Deux jours avant les élections, nous avons assisté à un retournement de situation, en effet les sondages se sont avérés faux : Silva a été dépassée par Aécio Neves. Dilma Rousseff accède au second tour sans surprise mais, étonnament, Aécio Neves la rejoint avec 33,7% des voix.



    Il y a plusieurs hypothèses pour expliquer cet évènement. Selon un journaliste brésilien, Gustavo Codas, l'échec de Marina Silva est "sans doute dû au positionnement ambigu de cette ancienne ministre de l’environnement de Lula qui préconisait une "troisième voie" peu identifiable : Ni PT, ni PSDB".
        Stéphane Monclaire nous explique quant à lui que "comme elle [Marina Silva] est rentrée en campagne très tardivement, le 13 août,[...] elle est rentrée sans programme particulier, sans appui partisan sur le terrain dans l'ensemble du pays, et faute de ressources partisanes suffisantes, faute de s'être bien préparée à cette campagne et avoir un programme très précis, cohérent [...]elle n'a fait que chuter dans les intentions de votes [...] C'est à dire que quand elle est vraiment rentrée en campagne, les électeurs se sont aperçus qu'elle était ou bien invisible ou bien inaudible et étaient déçus par elle. Du coup ils ont reporté leurs voix sur d'autres candidats, en partie sur Dilma Rousseff mais aussi sur Aécio Neves".


Un second tour sous haute tension

    Après les résultats surprenants du premier tour, c’est à Aécio Neves et Dilma Rousseff de s’affronter dans la course pour le palais du Planalto.


        Une semaine après sa défaite, Marina Silva a officiellement apporté son soutien à l’opposant Neves. « Prenant note des engagements pris par Aécio Neves, je déclare que je lui apporte mon vote et mon soutien »,a-t-elle annoncé. Pour l’ex-gouverneur qui n’a obtenu que 33,5% des voix, c’est une aide précieuse car elle représente 21,3% des voix, ce qui pourrait lui suffire afin de gagner les élections.

Selon IBOPE (Instituto Brasileiro de Opinião Pública e Estatística, Institut brésilien de l'opinion publique et des statistiques)



   Les candidats adoptent chacun une stratégie différente pendant les débats télévisés: si Neves s'applique à comparer le 12 années de pouvoir de PT aux 8 années de pouvoir de la droite, Rousseff cherche à "détruire" l'image de celui qu'elle appelle "le fils à papa".

          Pour les brésiliens, le choix s'annonce compliqué. Les plus aisés veulent en finir avec le Parti des Travailleurs, mais c'est la classe moyenne qui fera toute la différence: le PT leur a apporté beaucoup, mais ils savent aussi qu'il faut relancer l'économie du pays et pense qu'après 12 ans, il faudrait peut-être changer de gouvernement. Le peuple hésite, il a peur de perdre les aides et avantages associées à la gauche, mais en veut plus, car son niveau de vie stagne.




    C'est après une campagne passionante qu'est finalement réélus Dilma Rousseff, comme l'indiquaient les sondages. Mais ce qui est surprenant, c'est le score de la candidate du PT: elle a obtenu 51% des voix, le plus petit score de l'histoire brésilienne. Ce score reflète assez bien le sentiment de doute des brésiliens par rapport au Parti des Travailleurs.

Les enjeux d'un second mandat

   Après la campagne électorale la plus virulente depuis la fin de la dictature brésilienne, selon l’hebdomadaire brésilien Veja, c’est finalement Dilma Rousseff qui a été réélue. De ce fait, le PT remporte sa quatrième élection présidentielle consécutive, ce qui confirme son emprise sur la vie politique brésilienne.
     
Palais du Planalto, résidence officielle et lieu de travail du président du Brésil, à Brasilia.
Le premier janvier 2015, pour son investiture, elle s’est exprimée au palais du Planalto. Elle s’est engagée à relancer l’économie et à combattre la production. “Je redis, ici devant vous, ma volonté d’engager un nouveau processus historique de changements sociaux au Brésil. Oui, il nous faudra faire des ajustements économiques, mais cela ne se fera pas au détriment des acquis sociaux, cela n’ira pas à l’encontre de nos engagements sociaux”, a-t-elle assuré.
Sous sa présidence, le taux de chômage a baissé jusqu’à 4,5%, atteignant son plus bas dans l’histoire brésilienne. Mais depuis 2013, l’inflation augmente, juqu'à 6,5%, dépassant le seuil officiel de tolérance. De plus, son mandat s’annonce compliqué, car « l’héritière » de Lula est toujours accusée d’être impliquée dans l’affaire Petrobras.
Néanmoins, celle que l'on surnomme "la Dame de fer brésilienne" a su préserver les engagements sociaux pris par Lula.

Ainsi, son challenge est d'augmenter le niveau de vie des Brésiliens tout en continuant à promouvoir l'émergence du Brésil.